MEDEF Actu-Eco de la semaine du 16 au 20 janvier 2012

FRANCE

- Créations d’entreprise en 2011 : -11,4%, quasi-stabilité hors auto-entrepreneurs

- Financement des grandes entreprises en janvier 2012 : arrêt de la dégradation

- Espérance de vie à 60 ans entre 1980 et 2010 : cinq années de plus pour les hommes comme pour les femmes

- Emploi des seniors en France en 2010 : taux supérieur à la moyenne européenne avant  60 ans, et nettement inférieur après

INTERNATIONAL

- Immobilier résidentiel aux Etats-Unis en décembre 2011 : vers une éclaircie ?

- Croissance chinoise au 4ème trimestre 2011 : poursuite du ralentissement, stimulation de l’activité mondiale

- Marchés des produits de base début 2012 : une hausse qui témoigne d’une économie mondiale qui reste dynamique

BRÈVES

  • Révision à la baisse de la croissance allemande pour 2012 (+0,7% contre +1%) ;
  • Dégradation de la note du FEFS (perte du triple A) suite à la dégradation de la note française et autrichienne.

 


En décembre 2011, les créations d’entreprises ont enregistré une baisse  de -13% par rapport à novembre, nettement plus importante pour les créations d’auto-entreprise (-19,5%, données brutes) que pour celles hors auto-entrepreneurs (-6,3%, données CVS). La moyenne du 4ème trimestre 2011 s’inscrit en baisse de -7,2% par rapport à celui de 2010 (-0,6% pour les seules créations hors auto-entrepreneurs).

Pour l’ensemble de l’année 2011, le total des créations d’entreprise (554 282) a baissé de -11,4% par rapport à 2010 (-71 077), imputable pour l’essentiel aux auto-entrepreneurs (-67 978). Ces derniers représentent encore 53% de l’ensemble des créations d’entreprises.
En revanche, les créations d’entreprise hors auto-entrepreneurs sont restées quasiment stables (-1,2%). Leur niveau est inférieur de 20,4% à son point haut de 2008, mais dépasse encore de 50 000 celui qui prévalait dix ans plus tôt (+22%).

Sur le plan sectoriel, cette baisse globale des créations d’entreprise de -11,4% entre 2010 et 2011 concerne l’ensemble des principaux secteurs, mais avec des intensités inégales. Dans les services marchands, dont la part dans le total est passée de 44,3% en 2000 à 49,2% en 2011, les créations se sont réduites de -12,7%. Dans la construction (14,9% du total) et le commerce (21%), elles ont baissé de -11,2%. L’industrie manufacturière, qui ne représente désormais que 4,1% des créations (5,7% en 2000), a enregistré une baisse de « seulement » -6%.


D’après l’enquête de janvier 2012 réalisée par l’AFTE et Coe-Rexecode, les trésoriers des « grandes » entreprises (500 salariés et plus) considèrent que :

  • leur situation de trésorerie d’exploitation est quasi-normale (le solde d’opinion n’a pas pour autant retrouvé sa moyenne de longue période) ;
  • les marges payées sur les crédits bancaires se seraient un peu infléchies mais restent fortes  (solde d’opinion toujours très supérieur à la moyenne 2005-2011) ;
  • la recherche de financement est toujours difficile, sans s’accentuer cependant ;
  • les délais de paiement des clients restent longs, même si le solde d’opinion s’est légèrement replié (niveau bien au-delà de sa moyenne de longue période).

L’INSEE vient de publier le bilan démographique 2011 de la France, dont il ressort notamment :

  • population totale: 65,3 millions (63,5 pour la seule France métropolitaine), soit +0,5% entre 2010 et 2011 ;
  • taux de fécondité : 2,01
  • espérance de vie à la naissance : 78,2 ans pour les hommes, et 84,8 ans pour les femmes (3 mois par an de plus pour les hommes et 2 mois par an de plus  pour les femmes depuis 1994) ;
  • espérance de vie à 60 ans: 22,5 années pour les hommes (82,5 ans), et 27,3 années pour les femmes (87,3 ans)

Entre 1980 et 2011, l’espérance de vie à 60 s’est allongée de quelque 5 années (5,2 pour les hommes et de 4,9 pour les femmes).

Cette évolution peut être mise en relation avec la baisse de 5 années  de l’âge légal du départ à la retraite au début des années 80, de 65 à 60 ans, borne restée inchangée jusqu’à la réforme des retraites de 2010.


Les chiffres publiés début janvier 2012 par Eurostat confirment que  l’emploi des seniors en France relativement à la moyenne européenne est très variable selon la tranche d’âge considérée.

Contrairement à l’idée reçue, le taux d’emploi des seniors âgés de 50 à 59 ans (c’est-à-dire avant l’âge légal de départ à la retraite) dépassait, en 2010, de 2,5 points la moyenne de l’Union Européenne (70,9% contre 68,4%). L’écart est de 5 points dans la tranche des 50-54 ans.

En revanche, pour les  60-64 ans, le taux d’emploi en France est inférieur de 40% au taux moyen européen (17,9% contre 30,5%), effet mécanique du « couperet » de la retraite à 60 ans. Il est le plus faible de la zone euro (Slovaquie mise à part), et parmi les plus faibles de l’Union européenne à 27 (juste devant la Slovaquie, la Hongrie et Malte).

Ces chiffres attestent que le problème en France est moins celui de « l’emploi des seniors » que celui de l’emploi des plus de 60 ans, c’est-à-dire  celui de  l’âge légal de départ à la retraite. La réforme des retraites de 2010, en relevant ce dernier de 60 à 62 ans, est un premier pas vers un redressement du taux d’emploi des seniors, et vers une convergence avec les autres pays européens. L’expérience des autres pays montre qu’un âge plus élevé de départ à la retraite s’accompagne toujours d’un taux d’emploi plus élevé des seniors… jamais au détriment des plus jeunes.


Les mises en chantier de logements aux Etats-Unis ont baissé de -4,1% entre novembre et décembre 2011.

Néanmoins, la moyenne du dernier trimestre 2011 témoigne d’un certain réveil du marché du logement américain.

Les mises en chantier se sont accrues de +6,7% entre le 3ème et le 4ème trimestre 2011, pour atteindre 657 000 en rythme annualisé, plus haut niveau depuis le 4ème trimestre 2008. Malgré ce léger mieux, il est  encore inférieur de 60% à la moyenne des années 1998-2008 et très en deçà des besoins estimés en construction pour chaque année (environ 1,5 million de logements), compte tenu de la démographie, des nécessités de renouvellement du parc, etc.

Cette amélioration du marché du logement est confirmée par l’allègement des stocks de logements à vendre, signe d’une demande plus active. Dans le neuf, ils s’élevaient à 158 000 en novembre 2011 (dernier mois connu), niveau historiquement bas depuis 50 ans. Dans l’ancien, ils sont retombés à leur niveau du printemps 2005 (2,58 millions).

Compte tenu du fait que les dépenses dans la construction non résidentielle (investissements des entreprises) sont déjà reparties à la hausse, ces évolutions du marché américain du logement ne peuvent que renforcer la dynamisation de l’ensemble du secteur de la construction, dont on sait le rôle moteur sur l’évolution de l’emploi et de la croissance aux Etats-Unis.


Selon une première estimation,  la croissance du PIB chinois s’est de nouveau modérée au 4ème trimestre 2011, tout en restant très soutenue : +8,2% l’an, après +9,4% au trimestre précédent. Sur un an, elle a poursuivi son tassement  (+8,9%, contre +9,7% un an plus tôt).

Ce ralentissement modéré de la croissance de la Chine s’explique notamment par la contribution négative de son commerce extérieur. Les exportations chinoises se sont tassées (+1% entre le 3ème et le 4ème trimestre 2011) pénalisée par le ralentissement mondial. Dans le même temps, les importations se sont fortement accrues (+10,1%), signe de la vigueur de la demande intérieure. D’où la forte contraction de l’excédent commercial (62 milliards de dollars annualisés au quatrième trimestre 2011, après 215 au troisième et 251 au deuxième).

Cette dégradation est le signe que la Chine stimule l’activité mondiale. L’observation vaut plus largement pour l’ensemble de l’Asie émergente (où le poids de la Chine est déterminant), dont la balance commerciale est déficitaire depuis octobre 2011, du fait de la vigueur des importations.  


Sur le marché des produits de base, l’heure est au raffermissement. Le prix du pétrole s’est accru de +7,7% en dollars entre mi-décembre (dernier point bas)  et mi-janvier, pour s’établir à 112 dollars le baril de Brent. En euros, la hausse a été plus importante (+9,5%, soit 87 euros le baril), en raison de la dépréciation récente de l’euro face au dollar.
Simultanément, le cours des matières premières (hors pétrole et métaux précieux) a monté de +5,9% en dollars sur la même période (+7,5% en euros). La hausse a été plus marquée pour les matières premières industrielles. (+9,3%) que pour les matières premières alimentaires (+2,9%), lesquelles ont vu leurs cours baisser depuis début janvier. 

Ce redressement des prix des produits de base témoigne d’un dynamisme persistant de l’économie mondiale, malgré un certain ralentissement.  Preuve en est notamment la solidité de la croissance chinoise ou l’embellie qui se confirme de la conjoncture américaine.


Télécharger le pdf